J'ai
éventré l'oubli, fugué dans mon passé
Une
immersion totale en mes saisons froissées
Où
cheminées ne fument plus depuis longtemps
Où
chemins sont devenus désert inquiétants
Mémoires
des grands champs et des prairies avides
Reliques
des plages et horizons liquides
Et je
creuse à l'intérieur des mines du temps
Pour
n'y trouver que métaux capricieux, tentants
Précieux,
mais prenant tout mon courage épuisé
Obstacles
d'une quête aux trésors déguisés
Trébucher
sur une photographie trop lourde
Explorer
le révolu, en perdre sa gourde
Malgré
les joies et la variété des cantates
Malheur
à nous, hommes vieillissants, on constate
Qu'le
destin détient le pouvoir de nous punir...
Comme
être un touriste en ses propres souvenirs
De
nos tableaux, nous sommes peintres en chômage
Mais
si parfois un mot... valait mille images?
G.T.
Ma paix rimée
L’espoir
fait croire que tout n’est
pas périmé
Voilà
pourquoi je crée ma propre paix rimée
Le
poète crée chaleur en plein février
Lors
d'un épais brouillard, il voit la fée vriller
Rien
ne vaut l'état paisible et libérateur
Des
cris purs de l’écriture à libre
orée d'heures
Les
phrases s’affranchissent comme des montagnes
Du
paradis jusqu’au coin où le démon stagne
Donc,
si tu apposes tes mots, mets les voiles
Pars
au loin comme un artiste sur sa toile
Tu
peux laisser ton stylo voguer sur les feuilles
Peut-être
deviendras-tu l’auteur d’un recueil
Tentes
l’écriture et détruis la confusion
Vocabulaire
et pensées font bonne fusion
Les
mots nous autorisent à verser larmes à deux
Poésie
permet de renverser
l’arme à feu
Car
écrire un texte, profond ou en
surface
Conserve
les souvenirs que le temps efface
Certains
tentent, par injures, de mettre un terme
Aux
élocutions verbales des maîtres à termes
Mais
la sagesse les atteint, force d’horloge
Car
un jour, ils savent que dans les mots, l’or loge
Allez,
vas-y, prends tes bagages et lève l’ancre
Pour
un voyage sur une mer remplie d’encre
G.T.
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